LES CHAUFFARDS DES MERS TUENT AVEUGLEMENT
Le palangrier « Klein Familie » a été repéré aujourd’hui, par le chasseur de mine La Croix du Sud, affrêté par la Marine Nationale. Celui-ci, disposant d’un mini-sous marin pouvant plonger jusqu’à 80 mètres de fond a identifié formellement le bateau de pêche qui avait coulé jeudi matin, en cinq minutes. Selon la préfecture maritime de Cherbourg, le palangrier a été retrouvé à 70 mètres de fond et à 400 mètres du lieu du naufrage.
L’hypothèse d’une collision avec un cargo, se confirme de jours en jours.
En effet, au moment du naufrage, le cargo Maltais « Sichem Pandora » se trouvait bel et bien sur zone. Par ailleurs, selon le CROSS, et le procureur de la République (Michel Garrandeaux) il a été constaté, peu après l’accident, un brusque changement de direction du navire, ce qui confirme un délit de fuite caractérisé. Selon la gendarmerie maritime et le procureur, neuf autres navires croisaient sur cette zone au moment du naufrage, « les équipages seront eux aussi entendus par les autorités, dans le cadre d’accords de réciprocité de contrôles lorsqu’ils arriveront dans leurs ports de destination respectifs ».
Par ailleurs, après immobilisation au Port de Dunkerque, des plongeurs (dans le cadre de l’enquête judiciaire en cours) ont constaté que le bulbe de l’étrave était fortement endommagé et comportait en outre des traces de peinture verte (sur une dizaine de mètres), similaires à la peinture du bateau de pêche coulé en l’espace de cinq minutes. Ces mêmes prélèvements seront analysés et comparés avec les fragments de l’épave du « Klein Familie ».
La violence de l’impact a été inouïe, selon le matelot qui a survécu à cet accident dramatique. Ce jeune homme de 19 ans doit sa survie à une bonne condition physique, ses qualités de natation et à la chance d’avoir été repéré par les secours.
Aujourd’hui, la communauté maritime de Cherbourg est plongée dans la plus grande tristesse, en effet, les chances de retrouver sains et saufs les cinq autres marins sont quasiment nulles. Chacun d’entre nous est ému par ce drame et ressent un profond sentiment d’injustice.
Pour ma part, je me demande comment il est possible pour la personne se trouvant aux commandes du cargo de ne pas avoir vu ce bateau de pêche…
Je me pose la question suivante : y avait il réellement quelqu’un aux commandes au moment du drame ?
Comment peut-on s’enfuir, sachant qu’il y a après un tel impact des hommes à la mer, des pères de famille. Cette attitude est tout à fait indigne de la part d’un marin… Ou est donc la solidarité entre gens de mer dans ce cas précis ?...
Quoi qu’il en soit, l’enquête est ouverte pour homicide involontaire, délit de fuite et non-assistance à personne en danger.
Encore une fois, « la complaisance » a frappé, mais cette fois, elle ne s’est pas contentée de porter atteinte à l’environnement, elle a ôté des vies, et cela est absolument impardonnable.
Pour le respect des familles de ces hommes, il reste à espérer que toute la lumière sur ce drame de trop soit faite dans les jours et les semaines à venir.
Les coupables doivent être durement sanctionnés, ce type d’accident de devrait même pas arriver, sachant que le rail des Casquets est réputé pour sa dangerosité, sachant qu’à cet endroit, transite 20 % du transport maritime mondial.
Nous devons et nous sommes tous solidaires avec ceux qui aujourd’hui pleurent un proche.
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