Mercredi 8 mars 2006 3 08 /03 /2006 00:08

 Ce dessin, réalisé il y a quelques années maintenant, 

 représente beaucoup, maintenant,

alors que je l’avais placé « aux rebus »...

 Je le vois avec une espèce de dualité : je vois un oiseau de mer, fier et digne tel qu’est devenu le « petit peuple militant » au fil des ans depuis l’Amoco et tant d’autres catastrophes maritimes (Tanio, Bohlen, Olympic Bravery…) qui ont touché notre région par le passé, défiguré et meurtri nos côtes,  mais en gardant à l’esprit qu’il n’y a pas que la Bretagne à avoir subi les affres et outrages de la pollution par les hydrocarbures, que ce soit de façon sporadique mais aussi, bien trop souvent insidieuse (les dégazages), sans compter les naufrages plus récents tels que l’Erika, et le ni mal nommé Prestige notamment.

 J’y vois aussi une drôle de coque, qui ne paye pas de mine à vu de nez, mais j’aimerais tant que celle-ci puisse nous emmener tous, d’une façon plus qu’unitaire à réfléchir vers la création d’un collectif d’associations de défenses de l’environnement, avec vous tous, élus (par le peuple et pour le peuple) scientifiques, marins ("Ah, si tous les marins du monde"…) citoyens de toutes origines sociales confondues pour montrer simplement

 En février 2007,  à l’occasion du

procès de l’Erika que nous sommes tous là.

 J’aimerais que nous soyons capables de nous montrer dignes, et  clamer bien fort que les associations ne sont pas forcément toujours « concurrentielles » entre elles lorsqu’il s’agit de valoir et faire valoir les droits de tous ceux qui de près où de loin ont été meurtris dans leur vie professionnelle au lendemain de ces catastrophes, blessés par l’indifférence affichée du Groupe Total qui encore cette année affiche un chiffre d’affaires absolument indécent surtout par rapport à ceux qui ont tout perdu en quelques heures à peine. 

 Cette démarche que je souhaiterais engager, avec d'autres, n’est pas, ne doit pas être perçue comme une revanche, par rapport à un groupe industriel, que nous ne portons pas dans notre coeur, mais le désarroi a été immense pour tous ceux qui vivaient de leur pêche, du tourisme, de l’ostréiculture, de la conchyliculture…Mais aussi pour tous ceux qui pensent aux générations futures, qui elles aussi ont le droit de vivre dans un environnement non pollué (ou alors, la charte de l’environnement, adossée à la constitution française, ne serait elle qu’un leurre de plus, une belle déclaration sur papier glacé ? ce ne serait pas la première fois…)

 D’autant plus que certains médias, à l’époque on mis une surenchère indéniable , enchaînant une catastrophe économique dont personne n'avait besoin comme une véritable traînée de poudre…

 En effet, pour en revenir au procès proprement dit,  il ne faut pas confondre obtenir des dommages et intérêts et obtenir une jurisprudence efficace et inattaquable, pour qu’à l’avenir, les groupes industriels, les armateurs, les affrêteurs, les assureurs et d’une manière générale, tous les acteurs du transport maritime raisonnent une bonne fois pour toutes, avant, bien avant que le mal ne soit fait. Les dommages et intérêts ne couvriront jamais les dégâts collatéraux engendrés à cause de ce type de catastrophe, car bien souvent, celles-ci génèrent également de véritables séismes sur la vie courante de ceux qui ont perdu tout simplement ce qui les faisaient vivre. La perte de confiance en soi est incommensurable, le doute, la colère, et plus tard, bien plus tard, pour les plus forts, et/ou pour ceux qui sont soutenus par leurs proches, leurs élus, leurs représentants professionnels, leurs associations, l’espoir, l’envie de renaître, et de tout recommencer. Effectivement, le pari de vouloir réunir tout ce petit monde peut paraître prétentieux,  voire orgueilleux, ou carrément utopiste…

      Je ne peux cependant  m’empêcher de penser que nous avons tous et toutes reçu dans notre éducation, par nos parents, et nos grand parents  un véritable héritage : celui d’être capable de nous regarder en face et de nous dire : Ils ont réussi, ils se sont battus pendant quelques  décennies sur une quelques générations parfois, à tel point que les avenues de New York étaient à peine assez larges lorsqu’ils se donnaient presque la main pour nous représenter au procès du Géant « Amoco » , ce fameux groupe les narguant  sans cesse, confortablement assis sur leurs matelas de dollars, au cours des multiples péripéties de ce retentissant procès.

Cela dit, tout n'est pas acquis, loin de là, il y a encore d'autres sujets sur lesquels les associations ont aussi leur mot à dire, elles s'investissent beaucoup, le bénévoles ne comptent pas l'énergie dispensée. Le milieu associatif peut et doit être aussi un contre-pouvoir, lorsque bon nombre de citoyens ne croient plus en l'efficacité de la démocratie participative.

 La moindre des choses que nous puissions faire, pour tous ceux qui nous ont précédé, mais aussi pour nos enfants et petits-enfants, c’est au minimum, de réussir là ou la région  a échoué, nous ne sommes plus des gamins, si nous avons cette volonté d’aplanir au moins sur une période donnée nos divergences de point de vue, nous serons encore plus forts, nous avons tous en nous cette fibre militante, cette envie irrépressible d’avoir le pouvoir de dire NON, une fois encore, de nous affirmer toujours plus forts dans nos engagements respectifs, pour aumoins tenter de faire évoluer, sans avoir pour autant la prétention de changer le cours des choses. Mais dire non ne suffit pas, il faut aussi être réellement capables de proposer des alternatives , et sans cesse alimenter le débat, pour apporter des solutions, même si les dossiers sont "épineux", ne pas hésiter à dire aussi tout haut ce que certains pensent tout bas.

 Ce n’est pas une question d’orgueil, aucun d’entre nous n’a le monopole de la citoyenneté, je pense sincèrement que c’est avant tout une question de dignité, mais aussi de courage, car il n’est pas toujours aisé de « mouiller sa chemise », et de ne pas baisser la garde devant ceux qui font la roue et voudraient nous acheter, acheter le silence, nous inciter à faire de la démagogie et nous contenter de dire que telle ou telle action des autorités compétentes est mieux que rien ; c'est insuffisant, nous valons mieux que ça...

 Il me semble qu’après la catastrophe, une dynamique s’était créée, tous les contribuables et citoyens français se disaient solidaires, volontaires pour dire ASSEZ !! Et que se passe-t-il aujourd’hui ? RIEN ! NADA ! NOTHING ! … Chacun reste dans son coin, alors qu'il serait si simple de faire preuve de coordination, de concertation pour y arriver. Ne nous trompons pas, février 2007, c'est déjà demain, c'est tout à l'heure, nous devons nous mobiliser, nos différences respectives, seront  la plus grande des richesse, elles devraient nous permettre d'avancer tous dans le même sens, de faire face à tous les écueils que nous rencontrons les uns et les autres, tout en sachant tirer parti des petites batailles perdues, perdre une bataille ne veut pas dire abandonner la partie...

 En fait, ce que je trouve déplorable, c’est que , tout le monde se serre la main, dit du bien de telle ou telle association ou organisation environnementale, mais lorsque les flashes et les caméras de télévision disparaissent, chacun regagne ses pénates et n'en pense pas moins…

Dommage, je trouve que nous pourrions au moins tenter de nous entendre, échanger nos connaissances, je pense sincèrement que le temps des enfantillages est plus que révolu et que nous gagnerions à travailler ensemble à la création d’un vrai réseau, si nous ne saisissons pas cette opportunité de cohésion qui nous est offerte, nous allons tout droit dans les roches… Loin de moi l'idée de culpabiliser et de tenir des propos moralisateurs, personne n'a le droit de faire ça et encore moins de porter des jugements de valeur, par méconnaissance de l'autre, justement.

 La Bretagne a en elle une telle force de travail, de compétences, de persuasion, qu’elle a toujours voulu faire partager à d’autres son expérience, notamment en matière de prévention, de sécurité à bord des navires de commerce, des bateaux de pêche. Par ailleurs, elle a su aussi être aux côtés des Galiciens, lorsque le Prestige a coulé, et là encore, il ne s’agissait pas uniquement de soutien moral, mais bel et bien d’apporter à la fois le recul, et un échange de capacités à gérer la dépollution, entre autres problématiques. Certains ont pu apporter leur expertise dans de multiples domaines, comme par exemple la possibilité, la capacité à ne pas se laisser manipuler (après les petites aides d’urgence, il était ensuite souvent impossible d’accéder aux indemnisations du Fipol par la suite, c’est lamentable de profiter du désarroi de la part d’un gouvernement quel qu’il soit, pour fuir les responsabilités vis-à-vis de ceux qui avaient confiance, foi en leur avenir !!! ) par le gouvernement de l’époque, là bas, qui tentait tant bien que mal de minimiser l’ingérence, le déni dans lequel il baignait. Il était bien inutile de tenter de noyer le poisson, car celui-ci a crevé « la gueule béante » sous les caméras de télévisions et devant les « shoots » des photographes, sous les yeux de toute la planète.

 Notre dynamisme, notre volontarisme, que nous soyons élus, professionnels de la pêche, marin de commerce, marin de l’Etat, scientifiques, techniciens, avocats, experts, étudiants, salarié, chef d’entreprise, retraité, journaliste (de préférence indépendant…), représentant associatif, homme ou femme au foyer, écrivain, artiste, ou militant de base, au sein d’une association, nous sommes avant tout des citoyens, avec un C majuscule. Le procès de l’Erika, autant dire que c’est demain, car si nous voulons faire quelque chose, c’est maintenant ou jamais.

Nous devons au moins essayer, tout simplement pour être plus forts, sans pour autant devenir arrogants face à «l’adversaire», car nous n’avons nullement besoin de ça pour être reconnus, entendus, mais surtout écoutés.

Parfois, nous avons aussi à agir dans l'urgence, mais que chacun le sache, il y a aussi un véritable travail de fourmi, de la part de ceux qui ont vocation à donner de leur temps, au quotidien, et ils sont peut-être plus nombreux que certains peuvent le penser au prime abord.

 Aujourd’hui, nos enfants, ou petits enfants portent des prénoms Français, Bretons, Anglo-Saxons, Espagnols, si nous voulons contribuer, même modestement à leur garantir un avenir environnemental à la mesure de nos ambitions légitimes, sans pour autant leur faire croire qu’il suffit de « pigner » pour y arriver, nous devons être constructifs, novateurs, et cohérents, tant dans nos propos que dans nos actions.

Nous sommes avant tout « héritiers de nos actes », nous devons donc être dépositaires du futur des jeunes générations qui grandiront très vite...

  Merci à tous ceux qui nous ont précédé, et qui pour beaucoup d’entre eux sont encore très actifs et nous apportent beaucoup de leur sagesse, elle nous aide parfois à atténuer  la fougue, que nous apprenons à maîtriser chaque jour que l’on nous prête, chacun d’entre nous peut apporter sa pierre à l’édifice…

Par ailleurs, le fait d'adhérer à une association, ne signifie pas forcément s'impliquer physiquement, adhérer, c'est aussi soutenir, il faut y penser.

Grâce à nos anciens, nous avons eu l’envie d’apprendre, de nous enrichir de la culture de l’autre, rien que leur sourire parfois attendri,  nous porte dans notre envie d’aller toujours plus loin, de vaincre, de convaincre et d’avancer au mieux des possibilités de chacun, en tenant compte des contraintes des uns et des autres, car il n'est pas toujours facile de tout concilier . Ils nous ont donné et nous donnent encore de leur sang militant. Etre militant, c’est appartenir à une vraie famille, et celle-ci s’agrandit chaque jour  :

A mon Grisbi, à Ryan, Kieran, Charlotte, Hugo, Orson, et aussi à Cameron, le petit dernier ils aiment et aimeront  la mer et ne pourront, comme leurs aînés vivre sans elle, loin d’elle.

Nous sommes des « gouttes d’eau de mer », il ne tient qu’à nous de devenir un océan d’espoir, pour faire honneur à ceux qui nous ont donné l’envie de militer, ou de devenir de vrais pros, pour certains et certaines d'entre nous, chacun dans un domaine respectif.

 Certaines gouttes d’eau de mer se sont évaporées, l’une d’elle veille encore sur moi, elle me prête sa plume et guide  aujourd’hui mes écrits, pour que l’eau de mer aie le goût du sel et pas celui des larmes…

M....., je te dédie ces quelques phrases, merci pour tous tes conseils...

Par gouttedeaudemer, Nosplusbeauxpaysages.info - Publié dans : TRANSPORT MARITIME
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