TRANSPORT MARITIME

Vendredi 30 décembre 2005 5 30 /12 /2005 22:48

mMALVERSATIONS RIMERA AVEC PUNITION...

 

 Enfin, les parties civiles au procès de l'Erika entendent et lisent quelque chose de positif versé au dossier en mai dernier : en effet, un rapport d'expertise accablant met indiscutablement aujourd'hui la société de classification Rina et l'armateur de l'Erika devant leurs responsabilités, mais surtout met en évidence les malversations de l'époque.

  1. Les structures des citernes de ballastage étaient "très corrosées", ceci aurait du être inacceptable pour obtenir la certification à naviguer...ce qui est en contradiction complète avec les mesures de corrosion effectuées en 1998, lors de la révision du navire.
  2. Grâce à ce "pesudo-certificat", l'armateur à remplacé, 34,5 tonnes de tôle au lieu des 209 tonnes qui auraient dues être exigées, si ce certificat avait été rédigé de façon honnête.
  3. D'autres expertises mettent également en cause la société Total-Elf-Fina, même si elle avait financé ce présent rapport

Pour les parties civiles, enfin, l'espoir d'être indemnisées pour la totalité du préjudice causé renaît, car grâce aux conclusions de ce rapport elles pourront je l'espère obtenir une indemnisation complète sur la totalité des préjudices, car là, il y a "faute lourde".

 

Pour ma part, j'espère que les parties civiles obtiendront enfin gain de cause dans ce procès, et que désormais les compagnies pétrolières, les armateurs, les affrêteurs, les assureurs, les sociétés de classification prendront enfin toute la mesure de leurs responsabilités respectives....

Si j'avais un message à faire passer à tous ces gens, il serait simple :

"Tricher ne mène jamais bien loin, sinon à nuire à autrui, et un jour la vérité éclate, enfin... , n'aurait il pas mieux valu pour tout  le monde jouer le jeu ?"

 

Espérons que l'issue de ce procès permettra à tous ceux qui ont subi cette marée noire et cette épopée judiciaire se relèveront, et que le transport maritime évolue avec bon sens, il est plus que temps...

Par gouttesdeaudemer - Publié dans : TRANSPORT MARITIME
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Vendredi 30 décembre 2005 5 30 /12 /2005 22:51

Compétence externe de l'UE en matière de politique des transports: la Commission européenne adresse un avis motivé à la Grèce

 

Source : Commission Européenne (europa.eu.int)
Actualité du 19/12/05 à 16:36

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

  La Commission a décidé d'envoyer un avis motivé à la Grèce, dernière étape avant une éventuelle saisine de la Cour de justice, pour n'avoir pas respecté sa compétence externe exclusive pour la mise en œuvre de la politique commune des transports.....

C'est l'article 71 du Traité instituant la Communauté européenne qui confère à la Communauté une compétence tant interne qu'externe pour décider et mettre en œuvre la politique commune des transports. En outre l'article 10 du Traité impose aux Etats membres de coopérer avec les institutions de la Communauté et de s'abstenir de toutes mesures susceptibles de mettre en péril la réalisation des buts du Traité.

La Commission estime que la Grèce a manqué à ses obligations en présentant à l'Organisation maritime internationale une soumission relative à la mise en œuvre de deux instruments juridiques internationaux sur l'amélioration de la sûreté des navires et des installations portuaires qui ont été transposés en droit communautaire[1].


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[1] Règlement (CE) n° 725/2004 du Parlement européen et du Conseil du 31 mars 2004 relatif à l'amélioration de la sûreté des navires et des installations portuaires Journal officiel
n° L 129 du 29/04/2004


Source : Commission Européenne (europa.eu.int)

Mon petit commentaire sur cette info récente :

Malheureusement, La Grece est très régulièrement montrée du doigt en tant que mauvais élève, mais rassurez vous, nous ne sommes pas mieux lotis en France ; Il n'y a pas si longtemps que cela, nous nous sommes aussi attirés les foudres de la commission, pour non respect des règles de sécurité pour le déchargement de nos vraquiers dans les ports. Mais ce n'est pas si grave, dit on, puisque nos chers gouvernants ont payé la sanction financière, sans sourciller ; normal, me direz vous, puisqu'il s'agit de nos impôts !!

Alors on peut se poser la question suivante : pourquoi avoir adhéré, si ce n'est pour pas respecter les règles du jeu ?

Sincèrement : n'était ce pas pour bénéficier de larges subventions pour continuer à faire vivoter des pans entiers de notre économie ? pour des raisons géo-stratégiques qui nous échappent souvent ?

Il y a quand même de quoi se poser des questions la-dessus non ?

 

Pour comprendre d'avantage les rouages très complexes du transport maritime, je vous recommande, si vous en avez le temps, de visiter le site de la commission européenne dont voici le lien :

 

http://europa.eu.int/comm/transport/maritime/index_fr.htm

 

N'hésitez pas non plus à visiter régulièrement le site de l'association MORGLAZ, celui ci est mis à jour, très régulièrement...

 

 

www.morglaz.org

Par Guéguen Aude - Publié dans : TRANSPORT MARITIME
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Vendredi 30 décembre 2005 5 30 /12 /2005 22:57

 

Combien d’hommes, le Clémenceau va-t-il tuer ?

 

 

 

Le 23 Décembre 2005

 

 

Eh oui, encore lui ! nous n’avons décidément pas fini d’entendre parler de ce futur linceul encore flottant !

 

Cette fois, ça y est, il sera bien désamianté en Inde, mais dans quelles conditions, la réponse, nous la connaissons tous, dans les conditions les plus abjectes, les plus irrespectueuses pour l’homme et l’environnement.

 

Cette nouvelle affaire du « CLEM » est d’autant plus scandaleuse, que l’Etat français se désengage complètement vis à vis non seulement des déclarations officielles et très médiatisées remontant à 2004 (après les pérégrinations du navire de port en port…), mais surtout vis à vis de ses obligations légales en la matière.

 

 

En effet, il était convenu de désamianter à hauteur de 90 %, par des entreprises spécialisées et hautement compétentes dans ce domaine, et finalement, nous apprenons par les médias quelques mois plus tard, que la société chargée de l’exécution du contrat n’a pu désamianter qu’à hauteur de 30 % ; de plus, les personnes ayant supervisé les opérations n’ont pas été en mesure de quantifier la teneur exacte en amiante, restant à bord. Par ailleurs, la Société Technopure regrette fortement de ne pas avoir pu former les cadres indiens qui prendront en charge le reste du désamiantage.

 

 

En parallèle, Greenpeace ? Le FIDH et Ban Hasbesto demandent officiellement au 1er Ministre de procéder à une expertise indépendante afin de quantifier toutes les substances dangereuses à bord (et elles sont nombreuses : cadmium, arsenic, biocides toxiques ainsi que des PCB, substances radioactives…..)

 

Ils demandent également, la mise en œuvre d’urgence, d’une vraie politique de gestion des navires en fin de vie.

 

Selon la convention de Bâle, chaque pays est sensé être responsable des déchets qu’il fabrique. De plus, le traitement de ces déchets doit être en conformité avec les conventions de l’OIT (Organisation Internationale du Travail).

 

 

 

Cimetières de bateaux = Fossoyeurs d’hommes ! !

 

 

Selon Ramapati KUMAR,  membre de Greenpeace Inde, co-auteur d’une enquête sur les conditions de travail des chantiers,  de démolition, le constat est plus qu’effrayant. Ces hommes travaillent dans des contitions inqualifiables, sans aucune protections, et bien plus grave et irresponsable encore, sans le moindre contrôle médical. Evidemment, ici, en France, certains diront : « on ne peut pas comparer la législation Indienne, ou Pakistanaise à la notre », Pour ma part, je réfute cet argument…

 

Comment ose-t-on, comment peut-on ne rien dire, et encore moins ne rien faire ? Laisser faire et dormir sur nos deux oreilles alors que de l’autre côté de la Planète, des hommes, des pères de famille vont pour 2 ou 3 Euros par jour (bien souvent sans aucune couverture sociale) se détruire la santé, à chaque inhalation et pendant 15 à 20 ans mourir doucement, à petit feu, suite aux cancers qu’ils développeront à leur insu.

 

Il y a des moments, je ne suis pas fière d’être née de ce côté là de la planète, alors même que mon pays se dit pourfendeur de l’égalité entre les hommes, entre les peuples….

 

Mais quelle hypocrisie !

 

Ce désamiantage à très hauts risques va faire des centaines d’orphelins, si nous continuons à nous taire, à nous contenter de dénoncer, sans militer, sans agir ! ! !

 

 

L’OMI ACCULEE A REAGIR , MAIS SURTOUT PAS SEULE

 

 

L’article 16 du règlement 259/93 sur le transport maritime interdit EN PRINCIPE le transport d’amiante hors des frontières européennes. Une fois de plus, la législation ne sera pas appliquée pour des intérêts bassement économiques.

 

C’est pourquoi, l’OIT, Greenpeace, le FIDH ET Ban Asbestos s’engagent conjointement dans une bataille pour empêcher l’OMI d’agir seule, car celle ci risque de contrer et minimiser toutes les nouvelles dispositions à mettre en place et surtout  à appliquer dans le cadre de la future convention, si celle ci voit le jour. Le secrétariat de la convention de Bâle  y travaille conjointement avec les organisations précitées.

 

 

Tous ces protagoniste ont très officiellement  demandé à l’OMI de procéder en trois phases essentielles pour faire évoluer les choses avec bon sens :

 

-         Le pays exportateur a obligation à informer les population de ses intentions

 

-         Obligation de posséder les technologies adéquates, et les créer, si nécessaire

 

-         Obtention de l’accord du pays importateur

 

 

Pour le moment, d’après Martin BEZIEUX, membre de Greenpeace Belgique, la proposition faite à l’OMI n’est pas rejetée, mais il reste prudent, cela ne vaut pas acceptation…

 

Cela dit, les négociations risquent fort d’être longues et ardues pour obtenir un vrai consensus. Ainsi, cette loi ne verra sûrement pas le jour avant cinq longues années, au minimum….

 

 

Pour ma part, je souhaiterais que d’autres associations, respectueuses de l’homme, de sa dignité et de l’environnement, se manifestent également pour tenter tout ce qui est possible et exercer une vraie et constante pression auprès des décideurs, pour que cette loi, ou convention voie le jour et ne reste pas coquille vide.

 

Cela signifie avant tout, une réelle volonté politique, et un regard novateur sur la façon dont nos pays européens pourraient et peuvent, s’ils le veulent vraiment gérer eux mêmes leurs produits industriels dangereux, sans sacrifier et décimer des hommes, et l’avenir de leurs famille, sous prétexte, que là bas la législation est « souple ».

 

La souplesse, cette souplesse là fait des ravages odieux, et c’est elle et ceux qui l’ont créée qu’il faut combattre par tous les moyens légaux…

 

 

 

 

 

 

REPONSE : DES MILLIERS DE VICTIMES

 

 

 

 

Le 29 Décembre 2005

 

(suite de l’article du 23 décembre 2005

 

Le ton de mon dernier article, n’étais pas très optimiste, et il y avait de quoi, car effectivement, le Clémenceau sera bien démantelé en Inde :

 

 

Le feuilleton judiciaire dont il fait l’objet depuis deux ans maintenant risque fort de s’arrêter là. En effet, l’Etat français est actuellement en train de démanteler la législation qu’il a lui même édictée, ce qui est une véritable honte et un pur scandale pour les quatre associations qui viennent de se faire débouter devant le Tribunal administratif  de Paris, contre les décisions d’autorisation d’exportation de l’ex-porte-avion Clemenceau (coque Q790).

 

Le référé de suspension (art L521-1 du Code de Justice Administrative) vient tout juste d’échouer, décevant amèrement tout ceux qui ont dénoncé ces pratiques odieuses et qui ont agi pour empêcher le désastre humain auquel, la France devra tôt ou tard répondre.

 

 

Pourquoi accepter ailleurs, ce que nous refusons sur notre propre sol ? La réponse est maintenant claire, nette, sans appel (pour le moment), les hommes du sud, ne valent pas grand-chose au regard des économies des pays les plus riches de la planète. Le silence des uns et l’indifférence des autres nous rend tous coupables…

 

 

L’action en justice engagée par les associations (Ban Asbestos France et GreenPeace France, l’ANDEVA et le comité anti-amiante de Jussieu) visait à demander la suspension des décisions d’autorisation d’exportation du navire puis à les attaquer comme illégales au regard du code français de l’environnement, du règlement européen et de la convention de Bâle sur l’exportation des déchets.

 

 

Dans cette affaire, l’Etat a considéré que ce litige relevait exclusivement du Tribunal Administratif, pour d’une part gagner du temps, et avec « l’espoir » que ces mêmes tribunaux se déclarent incompétents pour régler « ce litige »…

 

 

D’autre part, c’était l’occasion pour Mr le Premier Ministre, mais aussi pour les autorités « compétentes » d’éviter, d’esquiver un vrai débat dans notre pays, sur les questions ayant attrait aux bateaux en fin de vie.

 

La décision de l’Etat Français de continuer cette fuite en avant est purement irresponsable, puisque ce Navire, ou plutôt ce qu’il en reste est un concentré de produits toxiques…

 

 

La Baie d’Alang, un trop joli nom pour un tel drame humain.

 

 

Le chantier d’Alang se situe en Inde, à 300 kilomètre au nord de Bombay, c’est donc là que le Clemenceau sera démantelé.

 

Il est évidemment plus facile de faire travailler des ouvriers n’ayant aucune connaissance des dangers qu’ils encourent en venant travailler chaque jour, avec avant tout la fierté d’avoir un travail, de nourrir leur famille, de se battre pour l’avenir de leurs enfants.

 

Lorsque la marée monte, on échoue les navire, et ce travail dans les pires conditions commence, la législation est inexistante, la sécurité, n’en parlons même pas, et le respect de la vie humaine dans tout ça ?

 

Les exploiteurs n’en ont que faire, leur seul souci est de revendre l’acier aux sidérurgistes et de faire du profit en un minimum de temps.

 

De toute façon, l’être humain ne compte pas, la main d’œuvre afflue sans arrêt, venant des campagnes les plus pauvres de l’Inde.

 

« Ces employeurs »  ne prennent même pas la peine de tenir ne serait-ce qu’un registre afin d’y consigner les accidents, les blessés et les morts, qui, selon les enquêteurs locaux se comptent probablement par milliers.

 

 

Les armateurs du monde entier procèdent ainsi et dorment tranquillement sur leurs deux oreilles, et tout cela au mépris des lois, traités et conventions internationales…

 

Les quatre associations ayant déposé un référé ont été reçues au ministère de la Défense.  Greenpeace France a écrit à l’ambassadeur de l’Inde à Paris.

 

Peut-être, espérons le, que cet entretien avec Mr l’Ambassadeur aura un réel écho face à cette situation, c’est à souhaiter.

 

 

Pas d’entreprises en France pour réaliser le désamiantage ?

 

 

Selon Michel Parigot, le gouvernement n’aurait pas trouvé d’entreprise prenant en charge à la fois le désamiantage et la démolition complète du navire.

 

Par ailleurs, « le gouvernement aurait refusé il y a deux ans, une proposition d’une entreprise qui aurait permis de mettre en place, sur un chantier naval, une filière pour le traitement des navires en fin de vie »…

 

 

A ce jour, de source officielle, 115 Tonnes d’amiante à bord auraient été retirées du Porte-Avions, les associations réfutent ces chiffres. Le porte parole du ministère de la défense  a indiqué que s’ils avaient retiré plus de matériaux, cela aurait nuit à la structure et à la flottaison du bâtiment. Cet argument a du mal à passer auprès des associations.

 

 

Henri Pézerat, chercheur au CNRS, s’est insurgé lui aussi de cette situation, il accuse les autorités française de se débarrasser à moindre coût d’un déchet encombrant dont aucun membre de l’OCDE ne veut.  Quel beau cadeau de Noël pour les ouvriers indiens…

 

 

La résistance viendra peut être des journalistes indiens ayant rencontré ce jeudi, l’Officier de communication de l’Arsenal de Toulon. Celui ci leur a de nouveau assuré que « toute l’amiante friable, visible et accessible a été supprimée »…Il leur a aussi expliqué les conditions dans lesquelles le départ du porte-avions se dérouleraient.

 

A cela, la correspondante du Journal Indien « THE HINDU », Vaiju Naravane, a rétorqué que le gouvernement indien a reçu de la part de Paris, l’assurance que le Clemenceau serait désamianté à 98 % avant de quitter les eaux nationales, ce qui est loin d’être le cas.

 

 

Voilà, ainsi va s’achever l’histoire de l’un des fleurons de la marine française, il reste à espérer que les associations présentes en Inde, sauront, auront les moyens de faire mettre en place une véritable législation pour que tous les ouvriers du chantier d’Alang, mais également dans tous les chantiers d’Asie bénéficient le plus rapidement d’une vraie protection sociale, juridique, médicale…

 

Il est évident qu’un décalage restera flagrant entre ce qui se fait en Europe et ce qui se fait là bas, mais ce n’est pas une raison pour laisser faire, nous avons au moins le devoir de prendre conscience de ces pratiques médiocres d’un autre âge ; d’autant plus que les méfaits de l’amiante ont clairement été définis en 1905……..

 

A méditer, à bon entendeur, salut……  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Par Guéguen Aude - Publié dans : TRANSPORT MARITIME
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